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« La logique de l’accordéon »

Marion Hautot, passionnée par l’univers de l’accordéon diatonique et des musiques traditionnelles, s’est lancée depuis peu dans la présentation d’un spectacle solo avec son piano à bretelles.
Coup de projecteur sur cette artiste en herbe et sur sa démarche musicale.

Comment as-tu découvert l’accordéon diatonique ?
Un peu par hasard, faute de mieux ! J’ai d’abord commencé, vers l’âge de dix ans, par jouer de la vielle à roue dans un cours collectif qui ne me passionnait pas forcément. J’ai donc laissé tomber, mais, d’un autre côté, j’étais très déçue de ne pas continuer à jouer ce style de musique. Ma mère m’a alors proposé de prendre quelques cours d’accordéon diatonique auprès de mon oncle qui enseigne cet instrument… Ça m’a plu, et depuis, je n’ai pas arrêté d’en jouer.

Qu’est-ce qui t’a plu dans cet instrument et t’a motivée à en jouer ?
La logique ! C’est évident comme instrument, ça tombe sous les doigts naturellement, pas besoin de réfléchir pour en jouer ! C’est un instrument sur lequel on peut laisser courir ses doigts au hasard, ça fait toujours de la musique, c’est ça qui est bien !
Et puis, il y a aussi la dynamique du jeu diatonique, qui contraste avec celle de l’accordéon chromatique, dû au doigté que nous impose l’instrument

De quelle manière s’est déroulé ton apprentissage de l’accordéon ?
Après avoir arrêté la vielle en cours d’année, j’ai suivi pendant trois ou quatre mois des cours d’accordéon. Puis ce furent les grandes vacances, et à la rentrée, j’ai continué toute seule. Par la suite, j’ai « pioché » autour de moi dans tout ce qui pouvait m’aider à avancer : rencontres avec d’autres musiciens, un ou deux stages, cours de musique d’ensemble au conservatoire, mais aussi les expériences que je retirais de la pratique d’autres instruments de musique (le piano et la cornemuse). Chacun de ces enseignements vient compléter et enrichir ma façon de jouer.

Que retiens-tu de ton premier contact avec la scène
Et bien honnêtement, je ne m’en rappelle plus ! Je crois (d’après les photos que j’ai retrouvées) que c’était l’été qui a suivit mes débuts à l’accordéon, j’avais donc dix ans, et visiblement, ça n’a pas été traumatisant, sans quoi cela m’aurait marqué un peu plus que ça.

Quelles sont les rencontres artistiques qui t’ont le plus marquée ?
Je crois que celle qui a eu le plus d’impact sur ma pratique instrumentale, c’est la rencontre avec un groupe de musiciens Bretons en vacances vers chez moi l’été de mes 10 ans. Ils sont venus un soir à la maison, et ont joué, chanté et nous ont fait danser une grande partie de la nuit. Et ce soir-là, je m’étais promis que, moi aussi, un jour, je ferais danser les gens.

Comment t’est venue l’idée d’un concert solo à l’accordéon ?
Ce n’est pas moi qui en ai eu l’idée, je n’y avais pas encore pensé ! Ce serait peut-être venu un jour ! On m’a demandé de le faire en première partie du spectacle d’un groupe de violons traditionnels « Cinq violons passant par Nedde ».

L’accordéon peut être un support d’accompagnement pour la parole et le chant. Est-ce que c’est une dimension que tu abordes dans ton solo ? Quelle place donnes-tu à la présentation ?
La première fois que j’ai fait ce solo, je n’ai pas du tout parlé, présentant tout à l’aide de cartons. Et puis la dernière fois, j’ai fait venir une chanteuse, comme invitée, pour faire quelques morceaux avec moi, et avec qui j’ai chanté les refrains d’une chanson. Cette fois-là, il n’y avait plus de cartons. J’ai fait une présentation où, tout au long de mon solo, j’expliquais que je n’avais en fait rien à dire ! Et puis, je crois que lors de mon prochain solo, la présentation ne sera peut-être pas la même, c’est ça que j’aime, changer à chaque fois !

Tes futurs projets ?
Alors ça, j’en ai plein des projets, réalisables ou non ! Entre autres, faire justement un concert où le chant aurait une place plus importante. Et puis aussi monter un duo accordéon-contrebasse, sur un tout autre répertoire que celui dont j’ai l’habitude… Si, bien sûr, je trouve un (ou une) contrebassiste pour jouer avec moi !

Propos recueillis par Dominique Meunier (CRMTL) pour les Nouvelles Musicales en Limousin, n° 83, février-mai 2006.

Renseignements : Marion HAUTOT
La Chapelle Blanche – 6 chemin du Villard – 87420 St-Victurnien
Tél. 05 55 03 86 91