La découverte originale des patrimoines locaux

Les Centres Régionaux de Musiques Traditionnelles, mis en place depuis 1986 sous l’action conjuguée du Ministère de la Culture, des collectivités et des acteurs des régions concernées, ont, dés leur création, axé toute une partie de leur travail sur la collecte de la mémoire sonore des pays dont ils avaient la charge.
Au-delà des fonds patrimoniaux liés aux chansons et musiques populaires mis à jour, ce travail d’enquête exhaustive sur les régions aura permis de mettre en exergue la variété des paysages sonores et musicaux originaux dont la plupart des micro-pays qui forment l’Hexagone sont, aujourd’hui encore, pourvus.
Ainsi, depuis plusieurs années, des publications (CD, cassettes, vidéos, coffrets, etc.) produites par ces structures régionales ont vu un peu partout le jour avec des formes et des réussites propres à chaque région, et ont permis de commencer à faire connaître au plus large public les richesses musicales et sonores des pays de France.
Pourtant, récemment, un examen critique de ces productions a laissé apparaître que tout un pan des enregistrements effectués ne figurait que peu (ou pas du tout) dans les documents produits qui avait trait aux particularités vocales et sonores de chaque pays, où les sons, les voix, les bruits, les échanges verbaux sont marqués par une signalétique et une musicalité qui leur est propre et dans des dimensions qui n’étaient pas redevables que du seul passé ou d’une simple description linguistique.
Aussi, l’esquisse d’un projet plus ambitieux a germé dans la tête des responsables de ces Centres Régionaux qui amplifierait le succès local de la plupart de ces publications, et qui consisterait donc à se doter d’un outil de référence en la matière, ouvert sur la découverte des pays autant que sur celle de son patrimoine musical et sonore.
Cet outil générique a été baptisé Atlas Sonore.

Le projet Atlas Sonore

Il a donc été imaginé que son propos pourrait être de proposer un paysage sonore des pays dans lequel seraient replacés : les discours sociolinguistiques (propos de « bistrots », de marchés, signalétique et musicalité des langages locaux, appels, cris) mais aussi « récits de vie », discours sur « autrefois » (la vie il y a 100 ans, 50, 20, 10 ans, 1 an…), musiques structurées (tradition, musiques « officielles » locales, paysages sonores), mémoire sonore des machinismes (agricole, industriel, bureautique, moyens de communication)…
À cette projection sonore de l’espace “pays” seraient joints, par le biais d’un livret décrivant succinctement l’enregistrement et les personnes enregistrées, d’autres systèmes de lecture du paysage (textes historiques et photos, lieux de sociabilité, « monuments non-historiques », espaces botaniques et architecturaux, etc….).
Dès les premiers repérages, un travail photographique sur le pays est entrepris en essayant :

  • De privilégier « le paysage en action » et la société humaine qui le traverse et l’anime
  • D’éviter le regard systématiquement nostalgique sur « les choses qui s’en vont », lieux communs folkloriques, archétypes architecturaux…
  •  De s’attacher au mouvement synchronique entre « archaïsme et modernité » qui agite la plupart des microsociétés européennes aujourd’hui.

Après avoir débuté avec le système cassette audio (le CD étant, à l’époque, inadapté à une diffusion locale d’une population peu équipée en lecteurs) le projet s’est tourné vers le CD depuis l’année 2000. Celui-ci permet de restituer la haute qualité numérique des enregistrements effectués.
Enfin, tout en essayant de révéler les particularismes et l’originalité de chaque pays, il a été choisi de lui donner un cadre générique qui définisse une appartenance plus large (la région en l’occurrence) et crée un effet de collection : Il a donc été défini, sur le modèle des cartes IGN, un graphisme qui pourrait se retrouver partout dans chaque région.

Intérêts

Proposer au grand public un moyen de découverte des traditions et paysages sonores de référence et de présentation normalisée qu’il puisse retrouver partout par le biais d’une distribution, via les commerces de proximité (magasins de journaux, supermarchés, offices du tourisme, aires d’autoroutes).
Donner aux collectivités, notamment en milieu rural, (Conseils Régionaux, Généraux, Syndicats Intercommunaux, Chartes de Pays…) un outil original de présentation des pays, fiable, avec des procédures de travail souple sur la forme (intégration d’équipes de chercheurs au milieu local) et rigoureuse sur le fond.
Disposer d’un support de découverte patrimoniale moderne (le boîtier peut contenir, hormis le support sonore, de nombreux éléments de découvertes du pays : cartographies, descriptifs touristiques, etc…).